Magazine La Voix du Nord : Article d 'Isabelle Ellender

publié le 28/04/21

Pas de salon du vin à Seclin ?

Des viticulteurs viennent apporter les bouteilles à leurs clients, à domicile

Le 47e salon du vin et des produits du terroir aurait dû se tenir ce week-end du 1er mai à Seclin. Mais le Covid a obligé les organisateurs à annuler l’événement, pour la troisième fois depuis un an. Quelques producteurs ont eu l’idée de venir dans le Nord avec leurs bouteilles…

 

La famille Gauthier se réinvente pour écouler le stock

Joëlle et Pierre Gauthier seront à Seclin ce week-end… Mais pas au salon du vin. Le couple exploite le château Pertignas « dans l’appellation la plus modeste du bordelais : l’Entre-Deux-Mers », résume la viticultrice. « Mais cela ne nous empêche pas de faire de grands vins dont nous sommes fiers ! »

À Seclin, où nous l’avions rencontrée avec sa fille Marion en 2018, « on vendait environ deux mille bouteilles à chaque fois ». Les commandes pour le week-end nordiste du 1er mai, se montaient, il y a quelques jours, à un millier. Joëlle loue la fidélité de ses clients, qu’elle et son époux vont livrer à domicile, samedi et dimanche. « Il nous manquera tous les Belges… Et on n’aura pas de nouveaux clients, regrette la Bordelaise. Mais cela nous permet de vendre et d’entretenir les liens ».

Pas de stand à payer, c’est 1500 € d’économisés. Certes. Mais les Gauthier ont une pensée pour les organisateurs, Anaïs Lemarchand et son époux, « pour qui ça doit être très dur, ces trois annulations ». Les producteurs du château de Pertignas ont, eux aussi, souffert de la crise sanitaire : un seul salon (l’été dernier) au lieu de vingt d’habitude, mais une douzaine de salariés à payer. "Parce que la vigne, ça pousse ! On est obligés de travailler tous les jours".

Alors, la famille se réinvente, en plus de la vente au domicile des clients : marchés, vente directe, nouveau site internet grâce à un étudiant embauché en alternance. Joëlle souligne la solidarité dont on fait preuve les fournisseurs, contrairement aux négociants qui, "ont laissé tomber les viticulteurs. Ils nous achètent du vin en vrac, à un prix qui ne paye même pas la vinification…"

Et le gel, comme une double peine

Pour le domaine Caujolle-Gazet, Benoît Huet est soulagé : "Nous avons été relativement peu impactés par le gel, mais nous sommes absolument miraculés". Il nous montre une carte où, effectivement, on voit les dégâts dans toute cette région de l’Hérault.

Le château de Pertignas, dans l’Entre-Deux-Mers (dans le Bordelais) a enregistré 35 % de perte. Mais Pierre et Vincent Gauthier relativisent : "On a la chance d’avoir des parcelles sur plusieurs communes, pas toutes sur le même plateau. Oui, c’est la double peine, avec le Covid. Mais nous viticulteurs, nous considérons que le gel fait partie des aléas du métier… C’est quand même dur à encaisser, d’autant que nous n’avons pas les moyens de nous assurer."